… de porter un jean « boyfriend » ?

Moi qui suis une grande lectrice de journaux de mode, je me suis aperçu d’une chose : le jean boyfriend. Au début, je me suis dit « kézako » ? Et puis j’ai eu un vague souvenir de l’intitulé de mon short en jean H&M qui disait : « boyfriend ». Si ma mémoire est bonne, on est passé de la mode méga patte d’éph au boot cut, ensuite on a embrayé sur le jean « regular », puis sur le slim pour en arriver enfin au super skinny. Mais grand Dieu, pour quoi donc revenir à une mode de jeans complètement informes et 10 fois trop grands ? Pourquoi bientôt allons-nous voir des rangées de pintades en jeans bien trop grands pour elles, juchées sur des talons de 7cm, prêtent à se casser en deux ? Où est le bon goût dans le fait de mettre un pantalon de manar et des escarpins ? Pour l’avoir vu en situation, je dirais, nul part. Et puis cette appellation ‘boyfriend’ est des plus ridicules. C’est comme dans les publicités où l’on voit des femmes, ravies de porter la chemise blanche de Jules après une nuit de folie, comme dirait Début de Soirée. C’est ici que ma mauvaise fois va encore prendre le dessus : non mesdames, vous n’êtes pas toutes casées avec l’homme de vos rêves, et même si c’était le cas, vous seriez incapables de rentrer dans son jean. Et oui, mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, un des principes fondamentaux de la couture : la COUPE. Et oui les filles, désolée de vous le dire, mais la couture a ses règles que le mauvais goût ignore. Si vous voulez vous sentir moins seule, faites bien comme ça vous chante. Allez-y, achetez votre ‘boyfriend’ (je parle du jean, quoi que), et sentez le bonheur d’être un gros sac à patate dans un pantalon bien trop grand et pas très joli. Sinon, ne soyez pas idiotes et gardez vos fringues. Et, en désespoir de cause, inscrivez-vous sur Meetic.

Shout Out Louds @ Marché Gare, Lyon (16/10/10)

NoFX va sortir un split avec the Spits, les clopes ont une nouvelle fois augmenté et mon chien à encore fait dans la cuisine: tu l’auras compris, ce monde se barre sévèrement en couille. Fort heureusement, Serj McCloud, héros de la tapisserie moderne, daigne fouler ta miséreuse planète afin d’y répandre sa bonne parole, pétrie d’un bon goût et d’une justesse absolument inaltérables, dans le simple but de te conditionner à l’intérieur d’une stase mentale profondément jouissive. Deuxième article de l’homme-tapis, et le constat se fait clair: il n’y aura pas de prisonniers.

Ce soir, c’est Shout Out Louds, quintette venant tout droit de la froide et rugueuse Suède, qui vient fouler le sol lyonnais, un nouvel album (Work) sous le bras. Le Marché Gare, salle lyonnaise à la programmation aussi erratique qu’incertaine, les accueille à bras ouverts en ce saint 16 octobre 2010.

Arrivée malheureusement trop tardive pour apprécier la première partie, Baden Baden, mais la salle est déjà bien blindée et la lutte se fait ardue afin de pouvoir profiter du show des Nordiques dans des conditions optimales. Places assurées, la patience est de mise en attendant le changement de plateau. Le doute s’installe vite, le groupe met un temps par-delà les limites de la décence à s’installer, un mauvais présage qui, malheureusement, ne fera qu’annoncer la teneur du set, car je ne vais pas te le cacher plus longtemps, lecteur, la performance des Suédois a été au-dessous de toute espérance, visant avec une incroyable et très nette précision le minimum syndical.

Certes, on ne peut nier qu’en studio, Shout Out Louds est un groupe qui sait se défendre avec de nobles armes (mélodies qui se fixent au cerveau à la première écoute, lyrics décentes, production raffinée…), mais la prestation live, si elle ressert les morceaux du groupe dans l’approximatif même état, s’écrase avec classe et conviction, retombant pour le coup au niveau de n’importe quelle pouilleuserie pop insipide pullulant aujourd’hui. Je commence par quoi ? Le son est juste assez fort pour ressortir en ayant perdu les trois quarts de ses capacités auditives, juste assez mal équilibré pour ne pas entendre le clavier, le groupe joue avec juste ce qu’il faut de conviction pour penser qu’ils s’en battent littéralement les reins avec une vigueur non négligeable, Adam Olenius, au micro, oubliant les paroles de ses morceaux avec une régularité métronomique… Un concentré de « juste »  qui suffira à Shout Out Louds pour livrer un set précisément mou du fion et sans saveur aucune. Dommage, car lorsqu’on connait les qualités du groupe, la déception s’avère réellement légitime, on arrive d’ailleurs à percevoir le talent mélodique des Suédois par moment, petites poches d’espoirs vites éclatées par un gros pain du batteur ou la remise en place de la mèche défaillante du chanteur, oubliant d’un coup qu’il se trouvait devant un micro.

Le tout reste donc bien besogneux, le genre de groupe qui parait à peu près intéressant vu du bar avec la dose de bière de secours en sus. Déconvenue si large que la seule solution reste la fuite, on passera donc sur le rappel afin de noyer son chagrin à base de séries Z bancales et de plats de pâtes douteux…

Shout Out Louds


#1

 » Then I’ll go and take some pills. «